Article de Floralie Resa
« J’ai juste répondu à une demande d’aide pour un petit show », me dit Irem, ma collègue de chambre, qui découvrait qu’elle allait défiler pour la marque Bi-weekly. Cet été, la conférence mondiale bisexuelle d’Amsterdam se finissait après trois jours intenses par un défilé de mode. Pour l’évènement, une équipe de mannequins improvisés a tout donné. Iels ont toustes été recruté-es parmi les militants, artistes et organisateurs présents sur place. L’ambiance est joyeuse pour la petite marque indépendante allemande qui tente de lutter contre l’invisibilité bi à sa façon.

Chaque personne passe, un accessoire à la main, marche concentrée, demi-tour, pause. La musique rythme les entrées et sorties. Chaussettes, tee-shirts, casquettes et accessoires aux couleurs du drapeau bleu, violet, rose. Parfois, le tee-shirt est complètement discret devant, mais l’arrière coloré envoie un message plus clair. Phases de la lune symbolisant la bisexualité, ou drapeau fluide qui fait dégouliner l’attirance pour son genre et d’autres genres. On peut également apercevoir la discrète inscription « Phase », barrée d’un long trait, ou encore « assume nothing » (ne présume de rien).



Le défilé s’achève avec l’arrivée de la militante Elle Striewski, qui porte un tee-shirt à l’inscription « kiss who you want ». Elle distribue des fleurs au public sous les applaudissements. Lea Mishra, la créatrice de la marque, accompagnée de la styliste Nagadiz, montent sur scène. Ce n’est pas une tâche facile de rendre visible une orientation dont beaucoup de membres sont dans le placard. Le signal se veut possiblement discret.


Quelques semaines après l’évènement, Lea Mishra annonçait sur la page Instagram de Bi-Weekly, l’arrivée de nouveaux designs, notamment portant les couleurs du drapeau pan. Implantée principalement en Allemagne, elle livre dans tous les pays européens. Les prix vont de 6,90 € pour les pins, à 44,90 € pour le tee-shirt le plus cher. Un-e ami-e dans le placard est reparti-e avec la paire de chaussettes aux couleurs du drapeau, en se promettant qu’iel les porterait pour se donner du courage. Iel m’envoyait la semaine dernière une vidéo desdites chaussettes, portées dans l’espace public. Un petit pas pour la visibilité bi, un grand pas pour son processus de coming out.
