Dans l’Hérault, des queers des champs boutent les fachos hors de leur campagne

Article de Floralie Resa

Ce samedi 6 juin 2026 était prévu une marche des fiertés d’Occitanie à Saint-Guilhem, organisée par des militants d’extrême droite. À l’instar des « Pride hétéro » et autres initiatives réactionnaires, ces derniers avaient l’intention de déambuler dans la ville pour célébrer Saint-Guilhem, « qui repoussa les Sarrasins, reconquérant nos terres et protégeant notre identité ». Comme le rapporte le média Le Poing de Montpellier, qui avait alerté sur la situation, l’appel viendrait d’un compte Instagram identitaire. La mairie de Saint-Guilhem aurait même dénoncé cette récupération raciste de l’histoire et des lieux. Il ne s’agirait pas d’individus issus de la vie locale d’après nos sources.

Une contre-manifestation festive s’organise et le jour-même, des personnes LGBT viennent au rendez-vous, avec leurs propres drapeaux de fiertés. Mais arrivés sur place, ils ne trouvent personne. Prenant la rue, ils finissent par tomber sur les manifestants identitaires en retard, une trentaine tout au plus. Ils les invitent à marcher ensemble pour une « marche de la fierté Occitane ». S’ensuit insultes, menaces, chants nationalistes, et un coup au visage, porté sur l’un des contre-manifestants. Les nationalistes se replient devant l’église locale pour faire des photos, puis sont escortés par la police hors du village.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La scène est filmée par une passante, croyant à tort qu’une Pride LGBT a été attaquée par des personnes d’extrême droite. La vidéo devient virale, effaçant complètement le caractère réel de l’évènement. L’information est reprise sans vérification par de gros comptes et média queers. Une élue locale et bisexuelle souhaitant garder l’anonymat rapporte sa sidération de voir le traitement de l’affaire. « Ce sera sûrement de toute cette année la Pride la plus radicale, la plus rebelle et la plus résistante. » Elle rajoute « Je connais très bien ce village : géographiquement il est enclavé entre des falaises. Il n’y a qu’un accès. Vous vous rendez compte du risque ? Et on préfère le narratif faux qui les pose en victime. Alors que ce sont des résistants ».

Les queers des champs n’ont pas fini de combattre l’extrême droite. Et à Saint-Guilhem cette année, ils ont gagné.